Tous les acides hyaluroniques ne présentent pas les mêmes caractéristiques physico-chimiques. Poids moléculaire, degré de réticulation, concentration, propriétés viscoélastiques ou encore présence d’antioxydants peuvent influencer leurs propriétés et leur comportement dans l’articulation.
Dans le cadre de la prise en charge de l’arthrose, le choix d’un viscosupplément doit donc s’inscrire dans une réflexion globale, prenant en compte les caractéristiques du produit, l’articulation concernée, le profil du patient et le stade de la maladie.
Voici les principaux points à retenir de cet excellent article paru dans le numéro d’avril 2026 du magazine Rhumatos :
❖ Le poids moléculaire est un déterminant important des propriétés de l’AH : les AH de haut poids moléculaire offrent une meilleure élasticité, un effet amortisseur plus marqué et une durée d’action potentiellement plus longue.
❖ La réticulation représente une avancée majeure : elle augmente la résistance à la dégradation enzymatique, prolonge la persistance intra-articulaire et permet des protocoles en mono-injection avec un effet mécanique durable.
❖ Les antioxydants constituent une évolution importante des viscosuppléments : l’ajout de niacinamide, de mannitol ou de sorbitol protège l’AH contre le stress oxydatif, ralentit sa dégradation et prolonge son efficacité intra-articulaire.
❖ La viscosupplémentation est particulièrement pertinente chez certains patients : elle est surtout indiquée dans la gonarthrose légère à modérée, notamment chez les patients actifs, ceux présentant une contre-indication aux AINS ou les patients diabétiques, chez qui elle évite les effets métaboliques des infiltrations cortisoniques.
❖ Le choix du produit doit être individualisé : il n’existe pas d’AH universel, la sélection doit tenir compte du profil rhéologique du produit (poids moléculaire, réticulation, présence d’antioxydants), de l’articulation traitée, du stade de l’arthrose et du profil du patient.
❖ La qualité du geste est essentielle : le guidage échographique améliore la précision des injections, en particulier pour la hanche et les petites articulations, et tend à devenir un standard de pratique.
❖ L’efficacité clinique est modérée mais durable : le bénéfice apparaît généralement après quelques semaines et peut persister 4 à 6 mois. Les meilleurs résultats sont observés chez les patients présentant une arthrose peu avancée, sans synovite importante.
❖ Les recommandations internationales restent hétérogènes : malgré des divergences entre sociétés savantes, un consensus se dégage en faveur d’une utilisation raisonnée de la viscosupplémentation chez des patients bien sélectionnés, en complément des mesures non médicamenteuses et des traitements de première ligne.
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